Advanced chips & coca 2nd édition

Publié le par Patate des Ténèèèbres

Ah j'en vois déjà qui vont chercher à cliquer sur tout ce qui peut ressembler à un bon de commande pour se procurer cette version 8.12 de AC&C, mais reposez donc vos petits doigts boudinés, jeunes et fougueux geek! Ce n'est qu'un titre annonçant une nouvelle plongée en apnée dans les heureux souvenirs de l'âge d'or, lorsque votre bonne vieille patate des ténèèèbres n'était encore qu'une infime excroissance sortant de terre, pour jeter un oeil inquiet dans cet étrange univers du jeu de rôles... L'image de l'excroissance jetant un oeil inquiet est difficile à saisir? C'est donc que vous n'êtes pas encore des baroudeurs du rôles, des maîtres du jeu, des vrais, des chauds bouillants! Quoi? Ah en fait vous visualisiez bien... Bon alors en avant pour un retour vers, euh, le passé...

 

Le jeu de rôles, c'est dans ma longue existence une bonne tranche de bonheur, qui finalement affecte le reste de ma vie de manière positive... Bon, j'écris cet article pour participer à un mouvement rôliste que je trouve constructif et totalement positif, en opposition à ceux d'entre nous qui choisissent de dénigrer ceux qui ne comprennent pas le maki aux oeufs de saumon ultime... ça c'est comme l'expression "c'était le pied ultime", mais en mille fois plus intense. Enfin bref, l'initiative de ce Monsieur, ICI, est plus que louable et donc, vous subissez en effet cette immersion en eaux troubles à cause de lui... Les lynchages sont pour lui, ici je ne peux recevoir que des louanges et des poèmes dédiés à ma gloire... Mais oui!

 

Bon allez, le jeu de rôles, grosse tranche de bonheur... Oui donc en effet, dès l'âge de 12 ans, j'ai commencé à m'intéresser à ce loisir qui était alors à peu près exempt de critiques virulentes et de visages épouvantés à l'énnoncé de son nom... Jeeeeuuuu de rôôôôôles... Fort de ma supériorité intellectuelle, j'avais imaginé un dérivé mégalomaniaque de Talisman, un jeu de l'oie version chevaliers et dragons, le plateau était immense (en même temps j'étais plus petit à l'époque), et nous étions nombreux à vouloir révolutionner l'univers du jeu, voir l'univers tout court... En même temps, avec plusieurs compagnons, nous étions également de grands explorateurs urbains, et un beau jour, nous avons fini par découvrir... roulements de tambour... encore... encore... c'est bientôt fini... Là c'est bon... Le Temple du jeu (à Bordeaux, feu temple du jeu donc)... Finalement, d'autres que nous avaient déjà inventés nos idées révolutionnaires... Mais en fait, il est possible que ce furent des voleurs venant du futur, jaloux de nos cartes mal dessinées, qui seraient ainsi remonter 20 ans avant pour faire fortune à notre place... Pas improbable comme idée... Mais bon, le Temple du jeu est devenu notre source d'approvisionnement en imaginaire, un poil formaté américain, il est vrai, mais c'est grâce à ce lieu que j'ai rencontré des rôlistes (et aussi, un peu plus tard, des nuées de gamins jouant à Magic, mais bon, restons positifs!).

 

Le jeu de rôles, toujours maintenant après 24 ans à jouer (quoi? j'avais dis "longue existence"... Oui et alors? Mac Leod, derrière ses cheveux sales, ,n'a pas l'apanage de la longue existence!), c'est un élément moteur de mon processus créatif. Grâce à lui, déjà, j'ai appris l'anglais un peu plus efficacement qu'avec les cours du collège, eh oui, la production hexagonale, bien que de qualité, était assez réduite, et les titres américains étaient légions. Deuxième bon point, comme à cette époque, on ne me confondait pas encore fréquemment avec Brad Pitt, ça n'allait pas fort avec les filles, bien que j'ai été fou amoureux une fois par mois, donc le jeu de rôles m'a permit de ne pas m'isoler dans un coin à hurler à la lune mon désespoir... Non à la place, j'ai passé des week end avec des camarades, dont certains sont toujours là d'ailleurs, à tenter de faire échouer tous mes scénarios. Ces week end chez les uns ou les autres, parfois à ne même pas jouer, mais plutôt à refaire le monde ou à sortir en meute... Oui, nous étions tels des loups sauvages lâchés dans la ville... Oui, de jeunes louveteaux de 13-14 ans... Mais ça fait peur quand même! Ah bien sûr, il y avait également le rugby, les match, et tout ça... J'étais bien content de retrouver mes équipiers du terrain autour d'une table pour jouer!

 

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De ces 24 années de jeux, je ne retiens rien de négatif. Et finalement, je n'ai jamais rencontré réellement de détracteurs virulents, parfois des parents se montraient inquiets pour leur fiston, et plus tard pour leur fifille (ah, les filles et le jeu de rôles! Alchimie magique!), mais les nôtres (parents), apaisaient leurs craintes, et puis ils étaient généralement bien nourris et leur laissait du temps libre! Une seule fois, j'ai invité un ami du lycée, qui nous a un peu inquiété par ses envies un peu primaire de jouer un méchant, mais le bonhomme était déjà fan des tueurs en série et il pensait vouloir être un bad guy... Nous ne l'avons plus revus par la suite, et ce fut le seul à coller peu ou proue à l'étiquette médiatisée du rôliste de l'époque.

En fait d'associaux, mal dans leur peau, violents et vénérant Satan, tous ceux que j'ai fréquenté, et que je fréquente encore, étaient tous des curieux à la base, désireux de partager des histoires dans lesquelles ils pouvaient être des héros, souvent plutôt des anti-héros d'ailleurs, mais je n'ai croisé que des gens à l'imagination débordante, avec cette envie chevillée au corps de ne pas se complaire dans cet état végétatif si répandu, à regarder la télévision à en avoir le cerveau atrophié, à boire pour faire viril, tous les week end... Tout cela, je le voyais de loin au collège, puis au lycée, mais ça ne me concernait pas, nous étions trop occupés à créer un univers où jouer tous ensemble, et dans tous mes groupes de jeu, il y a toujours eu cette notion d'ouverture, amenant les plus expansifs d'entre nous à parler avec ferveur du loisir, permettant aux curieux de découvrir notre passion.

 

Books1.jpgPour les maîtres du jeu, les raconteurs d'histoires, comme moi, le jeu de rôles à cristallisé très tôt un goût pour le monde, pour les possibilités narratives liées au fantastique... A l'époque, cette longue phrase ce résumait bien entendu par un "trop mortel l'idée!", mais ça veut dire la même chose! Créer un scénario, pour n'importe quel jeu de rôles, quand on veut s'y mettre à fonds pour ne pas être prit au dépourvu, c'est se documenter. Se documenter sur tout, sur le détail qui va faire vrai, l'anecdote qui va laisser les joueurs sans voix, face à la prodigieuse sapience ainsi accumulée... Ah oui bien entendu, j'ai eu la réflexion comme quoi ce savoir était inutile, que j'aurai pu faire de hautes études pour apprendre des choses utiles... Oui mais moi je voulais conserver cette part de rêve en moi, ces mondes imaginaires crées sur des cahiers tout tâchés, je n'avais pas envie de m'intégrer dans un moule sociétale qui me rempli de tristesse, quand je vois ces gens, que j'apprécie, mais qui sont fatigués du matin au soir, qui vont faire leurs courses, et regarde la télé, les divertissements, jusqu'à ne plus même faire la distinction entre leur quotidien et ce qui leur est montré... Et puis c'est tout... C'est aussi la longue attente des vacances, ou tous vont au ski l'hiver, tous vont à la plage l'été, aux mêmes endroits... De ça, je n'en veux toujours pas. J'ai une épouse formidable, des amis proches et partageant mes passions, un boulot stable, une maison avec un jardin et un potager, des chats qui ne pissent plus (c'est mieux), nous ne regardons plus la télé depuis des années, analysons les infos du net avec attention, les infos importantes, pas celles qui nous décrivent nos voisins comme des terroristes, nous jouons à des jeux entre amis, avec les enfants des uns et des autres qui ont leurs propres jeux, juste à côté (quoi??? c'est bruyant??? Non pourquoi???), nous avons les barbecues l'été, les râclettes l'hiver.

 

Aujourd'hui cependant, et pour ne pas faire le mec dénigrant le reste de l'humanité non-rôliste, je découvre que depuis quelques années, la chasse aux sorcières est passée. Quelques illuminés accusent des rôlistes de tous les maux, mais je ne me sens pas visé, et comme toujours, ils sont minoritaires. Aujourd'hui donc, ma génération des trentenaires se découvre des envies ludiques et aborde sereinement le jeu de rôles. Des créateurs offrent maintenant des hybrides de jeux de rôles, de cartes, de dés ou de plateau, des idées nouvelles émergent d'intenses brainstorming, comme ICI, c'est le blog de Frédéric Sintes, qui avec eillea.jpgson jeu Prosopopée, amène une nouvelle dimension dans le jeu, ou encore ICI, le site d'Eilléa Ticemon et de son compagnon Grougna Eillea Mâle... Oui ce sont leurs vrais noms! Et alors? Ces deux-là sont le parfait exemple que l'on peut créer des jeux, formidables qui plus est, et vivre la folle aventure de la vie, pleinement et avec quelques canettes de bonheur concentré (enfin je suppose qu'ils vivent ça, en tout cas je leur souhaite... Pensez à recycler les canettes une fois consommées!).

Oui donc ce long chapitre pour dire que notre passion ludique s'est bien étoffée, désormais, les curieux affluent, pas seulement les trentenaires, tous les âges, pour jouer avec nous à de nombreux jeux, un après-midi ou une soirée. Pour les rôlistes aussi, cette époque est bénéfique, finit l'isolement dans des salles enfumées et sentant le graillou! Maintenant les journées jeux en plein air sont courantes, et les maires voient le côté positif de telles interactions sociales au sein de leur population... Yep, c'est bien agréable de jouer avec pleins de gens!

Publié dans Les Jeux de rôles

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Monsieur Manshoon 21/09/2013 21:27


excellent! Nous avons finalement tous pratiquement le même cheminement sur la voie de la masterisation.

iso 08/06/2012 15:24


bon, tres bon. A quelques nuances pres, j'aurais pu dire pareil (d'ailleurs je m'en vais faire un copier-coller discret). Voila, tout pareil, avec 10 ans de plus... Et c'est ce qu'il y a de bien
avec le jeu de role, y'a pas de grandes difference entre les joueurs de 40, 30 ou 20 ans... C'est donc aussi un point positif a ajouter aux jdr. 


Bravo encore, super article, a lire et a relire, a recommander et a servir chaud ou froid a tout moment.

Livia 03/06/2012 08:38


et vous autres, les dinosaures des jeux de rôles, vous êtes tous comme les ZZtop? avec de longues barbes et le pouce qui se dresse quand une fille passe? lol

Grougna Eilléa Mâle 01/06/2012 11:15


Un merveilleux article tres vrai ;) ! on a certainement du se croiser au temple du jeu car j'y etait au même age que toi et c'etait fabuleux !


Encore merci pour tous les compliments, je ne sais s'ils sont justifier mais en tout cas ils font tres plaisir :)

PlexX 01/06/2012 05:59


mon parcours est moins long, et pas d'épisode rugby mais plutôt karaté! Autrement, ça colle!

Motton 31/05/2012 21:55


très bon, et très vrai également. Je connais un mec qui fait jouer à Prosopopée, c'est novateur. Les deux autres auteurs, je connais mieux, du bon jdr.


Donc là dans ton article, en fait, tu dis que tu voyais les gars picoler mais que toi tu restais au loin... Et tu as fais combien d'années de Rugby?