Jovian Chronicles #01 – Autour de quelques crevettes laotiennes

Publié le par Patate des ténèbres

La division Urd est une nouvelle fois sur le grill. La Présidente Itangre exige de ses services de police une plus grande réactivité face aux récents soulèvements urbains orchestrés par un groupe dont les Services de l’Intelligence jovienne ignorent tout à part le nom : Mesmero. Les renseignements fournit par Clotho ne parviennent pas assez rapidement sur le terrain, et des sabotages internes limitent fortement le temps de réaction des unités Urd.

La Commissaire divisionnaire Josie Harcourt a décidé de puiser dans des ressources moins sensibles à la corruption qui mine ses efforts. En sélectionnant directement des cadets, et en formant une équipe autonome, elle espère pouvoir démanteler directement l’organisation Mesmero, tout en affaiblissant la position de Clotho.

 

Yann joue Valjean Hiriko, un cadet fraîchement émoulu du Centre d’études de l’Intelligence jovienne, il voulait être assigné à Skuld, son truc à lui étant l’action pure et les holovid de films terriens du XXème siècle.

Isa joue Ninon Barral, une cadette sortant elle aussi du CEIJ, spécialisée dans les protocoles informatiques et virtuels, elle devait rejoindre Clotho.

Antoine joue Edgar Rhys, un cadet du CEIJ, dernier d’une longue lignée d’enquêteurs du NorNor, et dont toutes les évaluations ont crevées le plafond.

 

Les pjs viennent d’arriver sur la plate-forme d’atterrissage de la station Mizaki, sur Europe. Ils ont reçu leur affectation temporaire, avant même la cérémonie de remise des diplômes sur la station Elysée, et se retrouvent loin de tout, au-dessus du chaos de glace de la lune jovienne. Officiellement, NorNor manque de ressources et puise dans l’académie pour compléter ses effectifs sur le terrain. Officieusement, ils savent que les enjeux politiques des différentes divisions de l’Intelligence jovienne les ont poussés sur cet astre, pour une raison qu’ils ne connaîtront sans doute jamais.

Affectés au tout nouveau Bureau local sur Mizaki, leur mission est d’assurer la sécurité sous la surface, où sont éparpillées près d’une quinzaine de stations de forage, hydroponiques et de recherches. Les conditions sont rudes, les troubles de l’ordre fréquents, bien que mineurs, et bien entendu, les ressources attribuées au bureau sont réduites.

 

Le « Chef » du spatioport se nomme Emerson, il est en fait seul à diriger une petite flottille de drones assurant la maintenance en surface. Visiblement surprit par l’arrivée de représentants de la Loi à Mizaki, il leur fera faire lui-même le tour de la station. Soixante personnels travaillent à bord, et ont amenés leurs familles pour vivre dans des modules au confort spartiate, en tout, cent dix-neuf individus vivent ici. Une importante communauté laotienne s’est regroupée dans Mizaki, et les pjs comprendront rapidement qu’il s’agit en réalité d’une vaste diaspora disséminée dans tout l’océan subglaciaire d’Europe. Le sentiment anti-terrien est très fort, le Laos semblant avoir été longuement persécuté par CEGA.

Emerson répondra à toutes les questions logistiques mais éludera celles abordant contrebandiers et trafiquants locaux. Valjean notera toutefois la présence de plusieurs alambics dans des cabines au sas entrouvert, Ninon remarquera pour sa part quelques individus discrètement armés, et n’ayant clairement rien de techniciens.

Le Bureau est un ensemble de trois cabines regroupée dans un module équipé de son propre générateur. Toutes les communications passent cependant par la tour de contrôle, et les casiers sont désespérément vides, leurs verrous magnétiques forcés. La pièce la plus impressionnante est le dortoir, dont le sol est une large verrière donnant sur les profondeurs insondables de l’océan. Des hamacs sont solidement suspendus au-dessus de cette vue qui donnera brièvement le tournis aux agents.

Emerson leur promettra une enquête sur ceux ayant pillés le Bureau, mais Valjean le rassurera en annonçant qu’ils s’en chargeront.

 

Après quelques rencontres avec les habitants de la station, et une dégustation de crevettes européennes, les pjs feront du ménage dans leur nouvel habitat, et prendront quelques heures de sommeil. Des coups contre le sas du module tireront Edgar d’un rêve au sujet de crevettes géantes, le jeune cadet rencontrera ainsi Neige, Chef-ingénieure de la station Mizaki, et adolescente maigrichonne de seize ans. Elle leur annoncera que le minisub attribué à l’Intelligence jovienne est opérationnel, et se proposera de leur montrer son fonctionnement pendant une plongée vers Go’men, une petite station de recherches.

Les pjs ne cacheront pas leur inquiétude en découvrant l’appareil qui aura visiblement déjà bien vécu. L’insigne de NorNor sera peint sur la coque, et en se faufilant à l’intérieur, ils pourront constater que tout est bien fonctionnel, avec une soute abritant deux exo-armures aquatiques équipées de harpons. Neige leur précisera que le bathyscaphe se nommait Yu’nan shen, mais qu’il s’agissait d’un navire pirate jusqu’à il y a peu.

La jeune fille se montrera parfaitement à l’aise aux commandes, une musique électronique aux rythmes assourdissants résonnera dans l’habitacle tandis qu’ils plongeront en suivant les câbles reliant Mizaki à la majorité des autres stations en profondeur. Ninon l’interrogera sur la piraterie et les trafics illégaux ayant cours sur Europe, mais Neige refusera d’en parler, en précisant que toutes ces activités, ou presque, sont des traditions millénaires.

En approche de Go’men, personne ne répondra à leur demande d’arrimage. Valjean lancera un programme automatique d’urgence, mais même la balise de reconnaissance semblera morte. Par la verrière, Edgar remarquera des flash lumineux à bord, peut-être des coups de taser. Il notera également la présence d’un minisub arrimé à la station. Neige manœuvrera gracieusement pour déployer l’ombilical, tandis que les trois agents enfileront des combinaisons légères de protection, réglant leur arme de service sur la fonction paralyseur.

 

Ils seront accueillit par un tir de lance-fléchettes, et quelques insultes en japonais. Valjean sera le plus rapide et après une superbe roulade, neutralisera en quelques prises de jiu-jitsu ce qui semblera bien être un pirate.

Ninon et Edgar feront rapidement le tour des trois modules constituant la station, et trouveront quatre scientifiques ligotés, prêts à être éjectés par un sas.

Après s’être assurés que les otages soient tous en bonne santé, les agents interrogeront leur agresseur, qui refusera de parler autrement qu’en japonais. Fort heureusement, Valjean aura quelques notions et en filtrant les insultes, comprendra que l’individu appartient à une bande organisée comme les Triades sur l’ancienne Terre. Leur base d’opération serait une station non répertoriée, et sur la raison de sa présence à bord de Go’men, le pirate finira par avouer que son chef, Mako, lui aura demandé de venir hacker les drones scientifiques de la station, sûrement pour en faire des armes.

 

Les pjs remonteront vers Mizaki avec leur prisonnier, qui sera placé en cellule le temps que la navette de liaison ne passe pour un jugement sur Elysée. Ninon se montrera inquiète de l’ampleur que peut prendre la piraterie dans l’océan subglaciaire, elle ira interroger quelques habitants de la station, qui lui murmureront que depuis peu, un nouveau chef à remplacé l’ancien, un étranger du nom de Mako, ayant des connexions avec l’extérieur, et ayant fait d’un simple racket peu gênant une opération violente, terroriste. Personne ne sait où se trouve Yamutjido, la station secrète des pirates, mais en épluchant les données sur les ressources lunaires, les pjs noteront que trois minisub et au moins un gros sous-marin semblent avoir disparut.

Edgar fera son rapport au Bureau d’Elysée, et ne tardera pas à recevoir un message crypté, l’enjoignant d’arrêter au plus vite le dénommé Mako, qui devra être considéré comme terroriste. La transmission insistera sur le fait que la Division Urd doit être prioritaire sur cette affaire.

 

Le lendemain, des sirènes hurleront dans toute la station, la voix paniquée d’Emerson annoncera une attaque des Shang’kwan et demandera le scellement de toutes les écoutilles manuelles. Les pjs se précipiteront vers la baie de lancement où se trouve le Yu’nan shen, Edgar aux commandes, Ninon et Valjean enfileront les scaphandres de combat tandis que le sous-marin suivra un courant chaud pour filer intercepter un gros module équipé de plusieurs lance-harpons et d’un rack que Edgar identifiera comme un lanceur de missiles.

Les exo-armures aquatiques se montreront performantes, et parviendront à éviter plusieurs harpons avant de s’accrocher au navire pirate. Ninon aura facilement accès à un boîtier de contrôle et neutralisera la menace. Edgar tractera l’épave jusqu’à Mizaki où une petite foule sera rassemblée pour les acclamer, et jeter des crevettes périmées au visage des trois pirates qui seront jetés en cellule. Emerson sera vraiment étonné par leur réaction, mais content d’avoir récupérer un sous-marin. Après cette action d’éclat, les pjs seront invités par toutes les familles, toujours autour de plats à base de crevettes, les langues se délieront et ils comprendront que leur arrivée sur Europe peu après Mako n’est pas une coïncidence.

 

Quelques heures à peine après leur retour, les pjs recevront un appel de détresse de la station Shinzo, une unité de transformation du deutérium en très grande profondeur. Les trois agents embarqueront donc à nouveau et suivront les câbles menant à la station. Ninon notera qu’il s’agit plutôt d’une grosse usine, en grande partie automatisée et appartenant à un consortium jovien, D’Orilan-Hantz-Shibochi. Cinq employés sont affectés là-bas et d’après un flux vidéo remonté jusqu’à Mizaki, le dénommé Mako est arrivé à bord d’un minisub armé.

Aucune donnée ne sera disponible sur le terroriste, et lorsque leur sous-marin approchera, des fusées modifiées fileront vers lui, faisant exploser les ballastes et contraignant Valjean à remonter en urgence. Deux autres fusées feront exploser des câbles alentours, mais le bathyscaphe les évitera. Ninon et Edgar plongeront avec les exo-armures, se laissant tomber vers la station en se dirigeant vers un sas d’accès secondaire.

 

Mako n’aura visiblement pas repéré les intrus, qui auront profité de l’explosion des câbles pour masquer leur approche. Une fois à bord, ils trouveront rapidement les otages, qu’ils évacueront à bord d’un module de secours. Ils se faufileront jusqu’à la salle de contrôle où se tient Mako, seul et en grande conversation avec un interlocuteur inconnu, visiblement hors-monde. Ninon enregistrera la discussion et les deux agents interviendront. Malheureusement, Mako s’avérera être un redoutable adversaire, et les neutralisera en quelques mouvements. Il lancera une séquence d’auto-destruction avant de fuir à bord de son minisub.

Ninon se lancera dans une tentative pour désamorcer la séquence, tandis qu’Edgar filera enfiler son scaphandre pour tenter de rattraper le minisub. Après plusieurs échecs, et un compte à rebours arrivant presque à terme, Ninon annulera le sabotage de Mako. Elle filera à son tour rejoindre Edgar, qui sera déjà engagé avec le submersible. Le combat sera acharné, mais les exo-armures seront particulièrement efficaces.

Privé de sa vengeance, Mako reprogrammera son minisub pour le faire plonger vers les tubulures de la station Shinzo. Ninon et Edgar lanceront leurs exo-armures le long du dernier câble encore intact. Le scaphandre blindé de Ninon aura été endommagé, et Valjean lui ordonnera de revenir vers Mizaki, sans succès. Edgar dispose de trois harpons, Ninon de deux. Le minisub de Mako manœuvrera agilement autour du câble, évitant trois harpons visant ses nacelles. Il ne pourra plus utiliser le canon artisanal mais sectionnera des filins qui viendront menacer les exo-armures, qui parviendront à esquiver les plus dangereux. Edgar réussira finalement à harponner le module, mais ils ne seront pas trop de deux pour neutraliser complètement le minisub et le remorquer vers la station Mizaki.

Là Valjean sera en pleine négociation avec une navette amenant sur Europe l’Agent spécial Gaspard Melfleur de la division Clotho, qui assurera que le terroriste Mako tombe sous sa juridiction et doit donc lui être remis. Dans le même temps, une transmission depuis Elysée, sur faisceau crypté, ordonnera à Valjean de garder le prisonnier en détention sous l’autorité de Urd.

Lorsque les pjs seront enfin réunis, la navette de Clotho sera en train de se poser. Emerson préviendra l’équipe que l’Agent spécial Melfleur est accompagné de deux drones de sécurité bien armés. Ninon lui demandera de le retarder le plus possible, le temps qu’ils trouvent un moyen d’évacuer Mako dans un endroit sûrs.

Edgar se souviendra d’un minisub en maintenance dans la baie de lancement n°4, il traversera la station en prenant soins d’éviter le spatioport, et trouvera Neige, qu’il réussira à convaincre pour qu’elle répare le module en urgence. Ninon libérera le minisub de Mako et le fera exploser à prudente distance de la station, mais suffisamment prés pour que les senseurs de Mizaki enregistrent l’explosion.

Lorsque Melfleur arrivera au bureau, après une heure d’attente, il exigera qu’on lui remette le prisonnier immédiatement. Valjean affichera la séquence holovid montrant le minisub de Mako en train d’exploser, et confirmera que le terroriste à réussit à fuir, malheureusement dans un module trop endommagé pour supporter la pression. Soupçonneux, mais incapable de prouver leur implication, il les menacera d’un rapport accablant sur leur inefficacité, et repartira.

Ninon ira récupérer Mako dans le module neutralisé, et les agents enverront un message crypté à leur hiérarchie. Deux jours plus tard, un officier de Urd, le Chef-inspecteur Mathieu Amaris, viendra en personne prendre en charge le prisonnier et féliciter les agents, qui seront affectés sur Elysée en tant que Détectives. Ils auront su prouver leur valeur dans des conditions extrêmes, et la Commissaire divisionnaire Josie Harcourt souhaitera les voir en personne à leur arrivée.

 

 

Publié dans Les Jeux de rôles

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orochimarrant 15/05/2015 09:40

Avec un Pathfinder, même sous l'eau, sûr que tout ça aurait été réglé en cinq sec!